La Lutte contre l'homophobie
"L’homosexuel découvre l’homophobie avant même qu’il ne reconnaisse sa différence. Si ce n’est pas dans sa famille, ce sera très tôt à l’école ou dans la rue. Il saura donc qu’on l’exclut pour ce qu’il est, même en devenir".
Claude Charron"SALE PÉDÉ, SALE GOUINE , SALE TRAVELO"
Définition:PD GOUINE TRAVELO Noms féminins ou masculins désignant péjorativement les personnes homosexuelles, lesbiennes, bisexuelles et transgenres.
SALE adjectif des deux genres: qui est malpropre, qui n'est pas net. Il se dit des personnes et des choses.
Extrait de la préface de "L’Homophobie - Un comportement hétérosexuel contre nature" par Ginette Pelland
Définition théorique
Toute manifestation, avouée ou non, de discrimination, d'exclusion ou de violence à l'encontre d'individus, de groupes ou de pratiques homosexuels ou perçus comme tels au motif de l'homosexualité.Qu'est-ce qu'un acte homophobe ?
C'est refuser, dans les actes quotidiens, un droit, un bien, un service à une personne, homme ou femme, en raison de son homosexualité avérée ou supposée.Un acte homophobe c'est aussi...
L'agression physique, écrite ou verbale, la diffamation, à l'égard de personnes, hommes ou femmes, au seul motif d'une homosexualité vraie ou supposée. C'est également l'incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination.Dans la pratique....
L'homophobie peut être apparentée au racisme et à l'antisémitisme.
Bien que le mot ait été forgé par un psychologue, homophobie n'est pas un terme de psychiatrie. Il n'existe pas d'« homophobie pathologique ». Pour la théorie analytique, une homophobie profonde pourrait cependant être liée à une homosexualité refoulée, c'est-à-dire des sentiments homosexuels contrariés. Certains estiment que le terme d'homophobie, étymologiquement inexact (ce n'est en effet pas la peur de l'identique mais la peur de l'homosexualitéIntimement liée à la problématique du sexisme (domination masculine) et à des définitions stéréotypées de la masculinité et de la féminité, l’homophobie engendre des discriminations (exclusion, violence verbale, voire physique) à l’encontre des homosexuel-le-s et de leur entourage, des sentiments malaisés lorsque le sujet de l’homosexualité est soulevé, et réduit souvent les gays, les lesbiennes et les bisexuel-le-s à cacher leur orientation affective.
L’homophobie est la source d’isolation sociale, de dépressions, voire de tentatives de suicide, en particulier chez les adolescents qui découvrent leur homosexualité dans un milieu qui ne favorise pas le développement et l’acceptation de leur orientation sexuelle.
L’homophobie en chiffres
Ce sont les chiffres américains à defaut de trouver des statistiques françaises sur le sujet- Un collégien américain entend en moyenne des commentaires
homophobes ("pédé", "tapette", "gouine",
etc.)
- 26 fois par jour.
- Dans 97% des cas, les enseignants n’interviennent pas.
- 80% des jeunes gays et lesbiennes souffrent gravement d’isolation sociale.
- 53% des élèves entendent des commentaires homophobes de la bouche des enseignants et administrateurs de l’école.
- 28% des élèves gays quittent l’école avant d’obtenir leur diplôme, contre seulement 11% des élèves hétérosexuels.
- 26% des jeunes gays sont mis à la porte du foyer familial par leurs parents.
- 19% des jeunes gays et lesbiennes sont victimes d’agressions physiques à cause de leur orientation sexuelle.
- 30 % des jeunes homos font des tentatives de suicide.
- Dans 40 Etats américains sur 50, un enseignant peut être licencié parce qu’il est gay.
Que fait la Loi dans tous ca ?
En France:
Une loi du 31 décembre 2004 réprime les propos homophobes tenus publiquement (au même titre que les propos xénophobes, racistes, sexistes, handiphobes, etc.)Mais les adversaires de cette législation accusent les homosexuels de censure.
Voici ci dessous un bel exemple d'hypocrisie:
La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a préconisé, au nom de la liberté d'expression et face au risque de dérive communautariste, le retrait du projet de loi contre l'homophobie. (avis voté par 26 voix contre 17)
Parce qu'il ne «respecte pas la liberté de la presse et de l'opinion» et qu'il ne garantirait pas «l'universalité des droits de l'Homme», la Commission demande purement et simplement le retrait du projet de loi sur l'homophobie. La Commission reproche au texte de traiter les discriminations par «catégories» de personnes: «C'est l'être humain en tant que tel, et non en raison de certains traits de sa personne, qui doit être respecté et protégé, écrit-elle. (...) Légiférer afin de protéger une catégorie de personnes, risque de se faire au détriment des autres, et à terme, de porter atteinte à l'égalité des droits.»
L'avis de la Commission a provoqué la colère de l'Interassociative Lesbienne, gaie, bi et trans (LGBT), qui regroupe 63 associations. Quatre ans plus tard, l'injure, la diffamation et la provocation à la haine homophobe relèvent de la liberté d'expression.
Dès la publication de l'avis, les opposants à un texte spécifique aux propos homophobes sous prétexte que «l'arsenal juridique existant pour lutter efficacement contre ces discriminations inadmissibles» ont dégainé. Ainsi le député UMP Jean-Paul Garraud a lui aussi demandé le «retrait pur et simple» du projet de loi. Quant à Philippe de Villiers, il a considéré l'avis de la CNCDH comme «une victoire des valeurs républicaines sur le communautarisme, et de la démocratie sur les délits d'opinion»
par L. B., LIBERATION.FR : vendredi 19 novembre 2004
Mais l'homophobie n'a pas de définition légale dans tous les pays.
De la Chine à l'Egypte, du Nigeria au Bangladesh, de Cuba au Pakistan, l'homosexualité reste un crime, parfois puni de mort; et plus de la moitié des êtres humains n'ont toujours pas le droit d'aimer des êtres du même sexe. Dans le reste du monde, ce droit, à peine conquis, est aujourd'hui formidablement et ouvertement combattu. Non par les Eglises, qui en reconnaissent, pour la plupart, la légitimité, mais par des hommes politiques. Et non des moindres.Aux Etats-Unis, où les mouvements homophobes ont pignon sur rue, George W. Bush vient de déclarer qu'il «ne savait pas» si l'homosexualité était un choix de vie licite, mais qu'il savait que seuls les couples composés d'un homme et d'une femme devraient avoir des droits civiques.

Homosexualité illégale dans plus de 90 pays (en bleu foncé sur la carte)
Homosexualité non reconnue dans près de 80 pays (en bleu moyen)
Homosexualité légale dans moins de 21 pays (en bleu ciel)
Tout ça en 2005 !
Et en Europe l'avenir n'est pas forcément rose !
Dans l'Union européenne, où a été proscrite toute discrimination fondée sur l'orientation sexuelle, en particulier sur le lieu de travail, on assiste à un formidable retour en arrière. Partout, les insultes homophobes sont de plus en plus ouvertes et violentes. Et certains courants politiques ne se gênent pas pour les reprendre, parfois au nom de leur liberté religieuse.La nouvelle Commission européenne est le reflet de cette évolution. Une députée autrichienne, ancienne ministre des Affaires étrangères, haïe des homosexuels de son pays en raison de ses déclarations, Benita Ferrero-Waldner, vient d'être désignée comme commissaire chargée des Relations extérieures de l'Union.
Un homme politique italien ami du pape, Rocco Buttiglione, après s'être opposé à l'inscription de l'orientation sexuelle sur la liste des libertés protégées par la Charte des droits fondamentaux, a été désigné pour représenter son pays à la Commission européenne. Choisi pour occuper le portefeuille de la Justice, des Libertés et de la Sécurité, il a expliqué devant le Parlement européen, qui l'auditionnait, que l'homosexualité était un «péché» et que le mariage avait pour but de «permettre aux femmes d'avoir des enfants et d'être protégées par un homme».
Une députée slovaque homophobe, Anna Zaborska, à peine élue à la tête de la Commission du Parlement européen chargée des Droits de la femme et de l'Egalité des genres, a proposé d'interner les homosexuels en hôpitaux psychiatriques.
Au total, tout se met en place pour que l'homophobie redevienne une opinion respectable, sous le couvert de la liberté religieuse. La tragédie des années 1940 nous a montré que l'intolérance à l'égard des minorités, quelles qu'elles soient, fait le lit des dictatures; elle nous a aussi rappelé que les démocraties meurent de l'indifférence des classes moyennes à l'égard des droits des plus faibles. Si l'Occident veut sauver ses valeurs face aux ennemis de l'extérieur, il lui faudra d'abord se débarrasser de ses propres démons.
Les sources
fr.wikipedia.orghomophobie.free.fr
www.liberation.fr
www.gayways.to
www.lexpress.fr
lmsi.net-Collectif les mots sont important-
www.amnestyinternational.be
www.media-g.net -Observatoire du traitement de l'homosexualité dans les médias -
