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FEU VERT AU MARIAGE POUR TOUS À TAÏWAN

Une décision de la Cour constitutionnelle donne deux ans aux autorités pour ouvrir le mariage à tous les couples – une première en Asie. La décision ouvre la voie à la toute première reconnaissance du mariage égalitaire dans un pays asiatique....


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ILLUSOIRE VIRILITÉ

Dans «Les initiés», John Trengove raconte une tragique histoire d’amour en Afrique du Sud sur fond de rite macho et ancestral. Xolani est un jeune ouvrier. Taciturne, morose, solitaire, il vit à Queenstown et, chaque année, s’en va dans les montagnes...


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LES INSUPPORTABLES PLEURNICHERIES DE CYRIL HANOUNA

Confronté à une avalanche de dénonciations pour son canular du faux profil gay, l'animateur trash contre-attaque: il se plaint d'un «faux procès» et s'en prend au CSA. Cyril Hanouna, une victime? Dans le «Journal du dimanche», l’animateur de la...


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PRÉSIDENT TCHÉTCHÈNE VISÉ PAR UNE PLAINTE POUR «GÉNOCIDE»

Devant l'inaction de Moscou, trois associations LGBT françaises veulent saisir la CPI pour qu'elle enquête sur les persécutions contre les homosexuels dans la république du Caucase. La démarche est sans précédent. Le leader tchétchène Ramzan Kadirov est sous le coup d’une...


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«120 BATTEMENTS PAR MINUTE», LE FILM CHOC QUI EMBALLE CANNES

Au septième jour du festival, une première tendance se dessine côté compétition. La presse hexagonale et anglo-saxonne donne pour l'instant la Palme d’or à Robin Campillo. Nous sommes au début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de...


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Confronté à une avalanche de dénonciations pour son canular du faux profil gay, l'animateur trash contre-attaque: il se plaint d'un «faux procès» et s'en prend au CSA.
 
 
Cyril Hanouna, une victime? Dans le «Journal du dimanche», l’animateur de la chaîne française C8 a estimé qu’il était pris pour cible par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) après une séquence diffusée jeudi 18 mai dans la quotidienne «Touche pas à mon poste». Il avait mis en ligne un faux profil de bisexuel («super-bien monté», «J’aime quand on m’insulte») sur un site de drague gay, s’amusant à réagir en direct aux réponses, et à tendre un piège à deux internautes, dont il avait pris les appels à l’antenne.
 
«RAMEUTER DES PROTESTATAIRES»
 
Selon Hanouna, c’est le CSA lui-même qui a «rameuté des protestataires» avec des tweets postés vendredi, au lendemain de l’émission. Le CSA y notait que «de nombreux téléspectateurs» l’avaient interpellé et y mentionnait le lien du formulaire de signalement. Ce week-end, 17’800 plaintes avaient été enregistrées.
 
De fait, le canular a soulevé un large tollé en France: Hanouna avait pris une voix efféminée pour s’adresser à ses correspondants, et cherchait à les ridiculiser en les entraînant dans des discussions scabreuses tandis que ses chroniqueurs s’esclaffaient. Outre l’avalanche de clichés qu’elle véhiculait, la séquence rappelait la méthode employée ces dernières années par des «casseurs de pédés» ou des néonazis pour trouver leurs cibles.
 
LES LARMES AUX YEUX
 
Plus nauséabond encore: dans l’émission du lendemain, Hanouna, les larmes aux yeux, s’est défendu du «faux procès» qui lui serait intenté: l’homophobie, «c’est tout ce que je combats depuis des années», avait-il déclaré devant ses chroniqueurs attendris, qui ont volé au secours de leur vedette… et gagne-pain.
 
La démarche de Hanouna est soutenue par le groupe Canal+, maison mère de C8, qui estime que le CSA «ne doit pas appeler à témoigner» contre sa vedette. Mais le Conseil a nié tout traitement spécial de «Touche pas à mon poste»: «Nous procédons toujours de la même manière lorsque nous sommes largement interpellés».
 
SOUFFRE-DOULEUR
 
«Touche pas à mon poste» est déjà dans le viseur du CSA pour des contenus dégradants. Le chroniqueur Matthieu Delormeau a notamment plusieurs fois servi de souffre-douleur à ses camarades de plateau, notamment lors d’un outing forcé et de canulars cruels aux sous-entendus homophobes. Aucune mesure n’a été prise jusqu’à présent. Pendant ce temps, l’émission continue de drainer une audience allant de 500’000 à 2 million de téléspectateurs.
 

Au septième jour du festival, une première tendance se dessine côté compétition. La presse hexagonale et anglo-saxonne donne pour l'instant la Palme d’or à Robin Campillo.

Nous sommes au début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d’Act Up-Paris (créée en 1989, deux ans après sa sœur américaine) multiplient les actions choc pour lutter contre l’indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean, qui consume ses dernières forces dans l’action.
 
Ce film choral, fort, émouvant, rend justice à ces femmes et à ces hommes qui, affrontant les lenteurs à visée commerciale des grands laboratoires pharmaceutiques, se sont battus sans relâche pour que les services publics se saisissent de la gravité de la situation.
 
TOUTE LA TROUPE FOLLEMENT APPLAUDIE
 
Robin Campillo a mis longtemps à s’attaquer au sujet. «En 1990 déjà, j’ai eu envie de faire un film sur le sida mais je ne trouvais pas de biais», explique-t-il à la conférence de presse, où lui et ses comédiens engagés, dont Adèle Haenel, Nahuel Perez Biscayart, Arnaud Valois, Antoine Reinartz, ont été follement applaudis.
 
«Chaque fois je reculais parce que j’avais peur de me confronter à mes souvenirs, de ne pas être à la hauteur.» Lui-même entré à Act Up, il a vécu des choses comme dans le film.
 
Finalement il s’est lancé. «Mais j’ai essayé d’aller dans le côté froid qui laisse ressortir l’émotion J’avais envie de choses très naïves au premier degré, contrebalancées par la difficulté de vivre une histoire d’amour avec quelqu’un atteint du sida. Une histoire qu’il raconte formidablement. Comme tout le film. A la fois trivial et pudique, mêlant l’intime et le politique, il réussit à éviter tout pathos en évoquant la mort qui ne cesse de rôder autour de ces jeunes gens sacrifiés pour avoir trop aimé.
 
PASSIONNANTES SCÈNES D’AGORA
 
Robin Campillo propose une mise en scène très maîtrisée où alternent les séquences d’intimité, d’action et de débats. Il insiste sur la libération de la parole à cette époque. Un flot de paroles après dix ans d’épidémie tragique ignorée, que traduisent les nombreuses et passionnantes discussions entre les militants. Et ça, il sait faire, Robin Campillo, comme il l’avait démontré dans «Entre les murs» de Laurent Cantet, Palme d’or en 2008. «Il existait une communauté sida et des gens qui ne s’en rendaient pas compte. Il fallait arrêter ce silence.»
 
«Le collectif, c’était une façon de rester debout. Il y avait quelque chose d’assez joyeux chez Act Up»
Le réalisateur revient sur la difficulté de créer un mouvement politique: «Ça prend quand ça devient une lutte. Act Up était très petite mais il y avait des réunions chaque semaine. J’ai réalisé le film pour rappeler ce qu’était ce rassemblement de gens qui ont forgé ensemble un discours et une action forte. J’ai voulu montrer ce groupe comme un cerveau qui imaginait des choses. Le collectif, c’était une façon de rester debout. Il y avait quelque chose d’assez joyeux chez Act Up. Pour ne plus subir l’épidémie sortir du cercle mortifère.»
 
Bien que l’action se déroule il y a 27 ans, il ne s’agit pas vraiment d’un film d’époque. «Je m’en méfie. J’ai toujours le sentiment qu’il faut trouver le bon vêtement. J’ai juste retiré des expressions trop actuelles. Mais il fallait que le spectateur soit projeté dans un présent. Je voulais qu’on soit dans un univers parallèle. C’est le côté un peu fantastique du cinéma.»
 

Une décision de la Cour constitutionnelle donne deux ans aux autorités pour ouvrir le mariage à tous les couples – une première en Asie.

La décision ouvre la voie à la toute première reconnaissance du mariage égalitaire dans un pays asiatique. La Cour constitutionnelle de Taïwan a statué aujourd’hui que la loi actuelle sur le mariage discriminait les couples de même sexe. Le gouvernement de l’île a deux ans pour modifier la législation. La présidente progressiste Tsai Ing-wen s’était d’ailleurs exprimée en faveur d’une réforme.
 
L’annonce a été saluée par des militants LGBT réunis à Taïpei devant le Parlement. En 2016, une étude d’opinion avait relevé que seuls 38% des Taïwanais soutenaient l’ouverture du mariage aux homosexuels, alors que 56% s’y opposaient.
 
Le mariage pour tous est en vigueur dans 22 pays du monde, en Europe et aux Amériques, ainsi qu’en Nouvelle-Zélande. Aucun pays asiatique n’a franchi le pas. Avant l’arrivée au pouvoir des militaires, la Thaïlande avait envisagé l’instauration d’un partenariat enregistré. Le projet est actuellement au point mort.
 

Dans «Les initiés», John Trengove raconte une tragique histoire d’amour en Afrique du Sud sur fond de rite macho et ancestral.

Xolani est un jeune ouvrier. Taciturne, morose, solitaire, il vit à Queenstown et, chaque année, s’en va dans les montagnes du Cap Oriental. Avec d’autres hommes, il participe, en temps qu’instructeur, à l’Ukwaluka, rituel d’initiation commençant par la cérémonie de circoncision imposée aux adolescents. Ils leur sont confiés pour devenir des hommes, de vrais mâles, selon les anciens, capables de perpétuer le nom de la famille. Passé par là quelques années plus tôt, Xolani, jugé différent, était mis à l’écart. Issu d’un milieu aisé de Johannesburg, son initié, le capricieux Kwanda lui ressemble. Et ne tarde pas à découvrir un secret inavouable. «Je sais ce que tu es, mais tu ne peux pas l’admettre», lui dit-il…
 
En effet, si Xolani revient dans ces campements isolés, c’est pour revoir son ami Javi, un grand gaillard athlétique qui en impose. Sauf que ce modèle de virilité cache sa vraie nature sous ses muscles. Comme Xolani, qui se sent du coup menacé par les éventuelles révélations de Kwanda.
 
Sur fond de rite ancestral, d’illusoire apprentissage de la virilité, le Sud-Africain Jonh Trengove analyse les rapports de force, conflictuels, entre initiateurs et initiés, mais raconte surtout une violente et tragique histoire d’amour. L’illustrant notamment par des ébats à la fois furtifs et brutaux, il n’en brosse pas moins un portrait émouvant de deux hommes, l’un amoureux fou, l’autre davantage soumis à ses pulsions, mais tous deux forcés de se cacher. Le titre original «The Wound» (la blessure) traduit d’ailleurs mieux que l’intitulé français la double souffrance qu’induit le récit.
 
Celle physique de la circoncision et celle psychologique du lourd secret d’une relation interdite dans une société restée attachée à des traditions archaïques. Un premier long métrage courageux, ambitieux, auquel on reprochera toutefois un manque de rythme, des longueurs, et l’ajout de quelques scènes nuisant à la dramaturgie.
 
» Sortie le 3 mai
 

Devant l'inaction de Moscou, trois associations LGBT françaises veulent saisir la CPI pour qu'elle enquête sur les persécutions contre les homosexuels dans la république du Caucase.

La démarche est sans précédent. Le leader tchétchène Ramzan Kadirov est sous le coup d’une plainte pour «génocide» déposée mardi par trois associations LGBT françaises. Stop homophobie, Mousse et Comité Idaho France demandent que la Cour pénale internationale (CPI) se penche sur la vague de persécutions visant les hommes présumés homosexuels dans la république russe du Caucase.
 
Kadirov est «le logisticien», «l’organisateur de camps de tortures avec une volonté d’extermination des homosexuels», a déclaré Etienne Deshoulières, avocat qui représente les plaignants. Leur demande se base sur l’enquête parue début avril dans le magazine russe «Novaya Gazeta», qui faisait état d’une centaine d’arrestations et de plusieurs morts. Elle cite également un témoignage sur le meurtre d’un adolescent de 17 ans, jeté du haut d’un immeuble par un membre de sa famille – un «crime d’honneur» présumé.
 
Les plaignants espèrent un examen rapide de l’affaire, la Russie devant se retirer de la CPI au mois de novembre.
 
«AUCUNE PLAINTE»
 
De son côté, le Parquet général russe a ouvert une enquête alors que des manifestations de soutien aux LGBT tchétchènes se multipliaient à travers le monde. Pour l’instant, Moscou tend à confirmer les dénégations officielles tchétchènes, qualifiant l’affaire de «rumeurs» et affirmant n’avoir reçu «aucune plainte». Les autorités de Grozny, quant à elles, se contentent de dénoncer une «provocation» et de répéter que les homosexuels «n’existent pas» dans la république.
 
Plusieurs pays occidentaux, dont le Canada, la Suède, la Finlande et l’Allemagne ont annoncé qu’ils étaient prêts à fournir des visas d’urgence pour les personnes LGBT qui fuient la Tchétchénie. Une ONG russe en aurait déjà exfiltré plusieurs dizaines.
 

La police pourchasserait des homosexuels présumés dans la république russe du Caucase. Le pouvoir à Grozny dément: «Vous ne pouvez pas détenir des personnes qui n'existent pas chez nous.»

Une centaine d’hommes soupçonnés d’être homosexuels auraient été arrêtés par la police de la république de Tchétchénie, dans le Caucase russe. C’est ce qu’affirme «Novaya Gazeta». Ces raids auraient fait trois morts, précise le magazine moscovite. «The Guardian» cite une défenseure des droits de l’homme, qui dit avoir eu vent d’arrestations à Grozny et en dehors de la capitale. Parmi les personnes visées: des personnalités de la télévision et des figures religieuses. «Il est presque impossible de recevoir des informations des victimes ou de leurs familles, mais les signaux que je reçois de différents contacts rend crédible le fait que des détentions et des violences sont effectivement en train de se produire», ajoute Ekaterina Sokirianskaia, de l’International Crisis Group. Une organisation LGBT de Saint-Pétersbourg a mis en place une hotline pour aider les gays qui le souhaiteraient à quitter la république.
 
INEXISTANTS
 
Un porte-parole du leader local, Ramzan Kadyrov, a démenti vigoureusement ces informations: «Vous ne pouvez pas détenir et poursuivre des personnes qui n’existent tout simplement pas en Tchétchénie. S’ils existaient, les organes de sécurité n’auraient même pas à s’en occuper. Leurs familles les enverraient quelque part d’où l’on ne revient pas.» Même son de cloche de la part de Kheda Saratova, membre du soi-disant «conseil des droits de l’homme» mis en place par le régime tchétchène. «Quiconque a du respect pour nos traditions et notre culture pourchassera ce type de personne et fera tout pour qu’elle n’existe pas dans notre société.»
 
Ravagée par deux guerre civile de 1994 à 2009, la Tchétchénie jouit aujourd’hui d’une large autonomie par rapport à Moscou. Aussi extravagant que brutal, son leader Ramzan Kadyrov semble dériver vers l’islamisme pur et dur, comme en attestent ses déclarations sur le port du voile ou la polygamie, tout en s’autoproclamant rempart contre le terrorisme.
 
 
L’étreinte de deux corps, révélée par un moulage en plâtre. Parmi les victimes de l’éruption du Vésuve de l’an 79, cette émouvante découverte archéologique avait fait sensation, en 1914. Les deux silhouettes retrouvées dans la Maison du cryptoportique avaient été surnommées «Les amants». Il était évident pour les autorités fascistes arrivées au pouvoir quelques années plus tard qu’il s’agissait d’une femme et d’un homme. Quant au découvreur des restes, l’archéologue Vittorio Spinazzola, il avait formé l’hypothèse qu’il s’agissait de deux femmes, probablement une mère et sa fille.
 
«POMPÉI N’EN FINIT PAS DE NOUS ÉTONNER»
 
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Devenus un symbole d’amour tragique, ces restes humains ont été rarement montrés et étudiés. Cette semaine, toutefois, le directeur des fouilles de Pompéi, Massimo Osanna, a livré les résultats d’analyses génétiques effectuées à l’occasion d’une exposition à partir des restes organiques emprisonnés dans le moulage. «Pompéi n’en finit pas de nous étonner», a résumé Osanna, car «Les amants» sont en réalité deux hommes. Leur âge a été estimé à 18 pour l’un et 20 ans pour l’autre. L’ADN a exclu qu’ils soient de la même famille.
«On ne peut pas affirmer que les deux personnages étaient amants, mais compte tenu de leur position, on peut le supposer. Cependant, il est difficile de le savoir à coup sûr», explique Osanna. Plus de dix-neuf siècles plus tard, le secret de leur étreinte perdure. «La seule chose qui résiste au temps est l’amour», conclut le «Corriere del Mezzogiorno».
 
 

Les premières conclusions d’une enquête sur les LGBT âgés menée à Genève sont inquiétantes.

Les seniors LGBT sont bien plus touchés par la solitude, l’exclusion et la discrimination que les autres aînés. Le dispositif social et institutionnel à Genève ne prend pas suffisamment en compte les besoins sociaux et de santé spécifiques aux aînés LGBT. Miguel Limpo, en charge de cette pré-enquête lancée par l’association 360 et soutenue par la Ville de Genève constate, étonné: «Quand on pose la question à des établissements médico-sociaux (EMS), à des institutions de soins à domicile ou à des clubs d’aînés, c’est comme si les LGBT n’y avaient jamais existé; ils en ont pour ainsi dire jamais entendu parler!» Pourtant, on estime le nombre de seniors LGBT dans le Canton de Genève à 6000 personnes environ.
 
CASE PLACARD
 
Cette possible disparition des statistiques pourrait être liée à une des craintes les plus fréquemment exprimée par les seniors LGBT, celle de devoir à nouveau se cacher: que ce soit dans l’espace fermé que représente un EMS, chez eux dans leur intimité lors de soins à domicile, ou encore dans des activités sociales telles que celle proposées dans les clubs d’aînés. Une peur qui pourrait d’ailleurs être avérée: une étude de 2015 de Pink Cross et LOS montrait que près de 40 % des personnes travaillant avec des personnes âgées n’avaient jamais abordé les questions LGBT dans leurs formations.
 
Tout n’est pourtant pas si gris. Les associations se mobilisent. A Zurich le projet d’une maison intergénérationnelle est en train de voir le jour. A Genève, le groupe Tamalou regroupe une soixantaine d’aînés gay et son succès fait figure d’exception. André Lauper se réjouit: «Nous avons jusqu’à une trentaine de participants lors de nos réunions mensuelles. Ils viennent grâce au bouche à oreille. Nous sommes certes une amicale de copains mais nous sommes aussi un groupe d’entraide, nous rendons visite aux membres hospitalisés ou en institution». Les membres de Tamalou ont en moyenne entre 65 et 75 ans.
 
SEXE ET ÂGISME
 
Les seniors LGBT souffrent particulièrement de l’âgisme. Le tabou de la sexualité est double. Miguel Limpo explique: «Nos sociétés rejettent toute allusion à la sexualité des aînés. Et ce rejet est encore plus fort quand on parle de personnes âgées lesbiennes, gays ou trans*. Les choses sont en train de changer doucement dans les EMS, c’est maintenant au tour des communautés LGBT de s’ouvrir davantage sur cette question!»
 
 
Tout porte à croire que le parti islamiste serait prêt à céder sur l'homophobie. De source digne de foi, Ennahdha ne résisterait plus trop longtemps aux pressions occidentales en l'objet et envisagerait de lâcher du lest sur cette question sensible pour maintenir sa position dogmatique sur d'autres, jugées bien plus graves en retombées négatives auprès de ses partisans.
 
 
Rappelons-nous: Rached Ghannouchi avait déjà pris les devants en se disant prêt à accepter l'abolition de l'article 230 du Code pénal. Il s'est même engagé que son parti voterait l'abolition de l'homophobie si un projet de loi entrait au parlement, mettant au défi les supposés modernistes d'oser le faire, les taxant de plus grand conservatisme que son parti. Et on a entendu récemment son plus proche conseiller, M. Zitoun, aller en ce sens sur des questions sensibles.
 
Ennahdha cèdera sur l'homophobie, mais quand?
 
Certes, lors de la dernière réunion du conseil de la Choura du parti, à Hammamet le week-end dernier, on a encore référé à la nécessité du respect des valeurs de l'islam; ce qui n'est qu'un rappel de ce que dit la Constitution.
Ce qu'on n'a pas remarqué, cependant, c'est que le parti a osé aussi évoquer nommément les questions qui fâchent; ce qu'il ignorait superbement avant.
 
D'après les observateurs bien introduits, il s'agirait d'une sorte de modus vivendi entre les faucons et les colombes du parti: on parle des sujets sensibles, mais tout en rappelant les valeurs islamiques ne devant pas être méconnues.
 
Or, c'est bien le noeud gordien à dénouer en Tunisie: il est impératif de proposer des projets de loi qui ne snobent pas l'islam, mais s'y appuient pour obtenir autant l'abolition de l'homophobie que l'égalité successorale, la liberté sexuelle entre adultes consentants, la totale liberté de consommation et de commerce d'alcool ou encore la dépénalisation du cannabis. Ce que ne veulent pas faire les laïcistes, servant indirectement les intérêts des intégristes islamistes.
 
De source digne de foi, la question homophobe ferait même l'objet de la toute première concession que s'autoriserait le parti Ennahdha et qui aurait déjà donné le feu vert à des membres influents d'y préparer le terrain. C'est qu'il tient à jouer le jeu de la démocratie islamique attendu de lui, plus que jamais par l'Occident.
 
C'est dans ce cadre que s'insèrent donc les dernières sorties médiatiques de M. Zitoun parlant aussi du cannabis, qui serait la seconde concession. Pour peu que la pression soit irrésistible de l'intérieur du pays aussi. Ce qui est loin d'être cas.
 
Ainsi, pourquoi les députés démocrates ne proposent-ils pas un amendement au projet de loi du gouvernement; or, il existe! Et pourquoi les militants n'exigent-ils pas que justice soit faite aux innocents condamnés en vertu d'une loi scélérate, horreur absolue du régime déchu, et ce en réclamant son seulement la dépénalisation du cannabis, mais aussi l'indemnisation des victimes de la loi 52? On sait bien qu'il faut demander le plus pour avoir le moins! 
La balle est dans le camp des militants démocrates
 
Sur cette question, comme pour l'homophobie, par exemple, ce que les militants humanistes doivent comprendre, au lieu de camper sur leurs positions laïcistes stériles, pour ne pas dire islamophobes, c'est que le parti islamiste ne cèdera jamais sur ce qu'il croit à tort relever du dogme, mais aussi conforme à la constitution référant à l'islam. Aussi faut-il lui prouver, et surtout à ceux qu'ils trompent, qu'en étant pour l'homophobie, il ne fait que violer l'islam et se conformer à la tradition judéo-chrétienne, l'islam n'ayant jamais été homophobe.
 
Or, cela a été amplement démontré. Des livres en parlent, vendus librement en Tunisie. Et des articles nombreux existent sur le Net. Bien mieux, même le ciel revendique désormais l'abolition de l'homophobie en terre d'islam, étant une injustice qui n'honore pas une religion qui est d'abord justice et équité!
 
Voilà pourquoi la société civile, en prévision de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie, lance une campagne pour l'abolition de l'homophobie en Tunisie. Pour en finir avec le honteux article 230 du Code pénal, elle propose aux autorités un texte consensuel que nous présentons en arabe et en français et qui porte le nom d'un jeune militant gay qui a, par deux fois, attenté à sa vie pour dénoncer la condition faite aux homosensuels en Tunisie.
 
Que tous les justes soutiennent ce projet qui sera remis en mains propres aux principales autorités du pays pour que le 17 mai 2017 la Tunisie ne soit plus homophobe, ouvrant la voie aux autres pays d'islam, et à leur tête le Maroc et l'Algérie voisins.
 

Un «mégacomplexe» touristique gay est sur le point de démarrer près d'Alicante. Un projet qui témoigne du boom de ce secteur en Espagne.

Six milliards d’euros: c’était les revenus record du tourisme LGBT en Espagne en 2016, selon le cabinet britannique LGBT Capital. Une poule aux œufs d’or que comptent bien exploiter des promoteurs anglais et américains. Selon «El Mundo», ils sont sur le point de lancer le projet d’un «mégacomplexe» à El Campello, paisible station balnéaire à quelques kilomètres au nord d’Alicante.
 
Ce ne sont pas moins d’un millier d’appartements et un hôtel cinq-étoiles destinés à la clientèle homo qui devraient voir le jour au bord de la mer, avec l’ambition de faire sortir de terre une véritable «ville gay» sur 80 hectares, capable de rivaliser avec des destinations traditionnellement LGBT-friendly comme Sitges ou Torremolinos. La municipalité a apporté son appui au projet, comptant sur des retombées économiques pour toute la région en terme d’emplois et d’équipements. Le chantier à 300 millions d’euros devrait commencer cette année pour s’achever en 2020.
 
 

Lumineuse, l’actrice italienne est l’atout maître du biopic émouvant de la star, trente ans après sa mort, réalisé par Lisa Azuelos.

Auteure de comédies («LOL», «Une rencontre», «Comme t’y es belle!»), Lisa Azuelos s’attaque pour la première fois au biopic pour son sixième long-métrage, en brossant le portrait intime de Dalida, née Iolanda Gigliotti au Caire en 1933, et morte à Paris 53 ans plus tard. Dans la peau de l’icône de la chanson française, l’Italienne Sveva Alviti. C’est la révélation du film qui, en dépit de son côté hagiographique, séduit par le déroulement de l’intrigue, la qualité de la photographie, des décors, des costumes.
 
Les grands fans de Miss Bambino n’apprendront rien, mais l’aimeront sans doute encore plus. Les jeunes générations la découvriront. Entre son ascension fulgurante avec son premier Olympia en 1956 et sa triste chute, Lisa Azuelos dévoile une femme complexe, désespérée, amoureuse, mais entretenant des rapports compliqués avec les hommes, Indépendante financièrement et sexuellement, moderne dans une époque qui ne l’était pas, diva adulée par la plupart, raillée par certains, Dalida a suivi une trajectoire hors norme qui s’est dramatiquement achevée par un suicide aux barbituriques le 3 mai 1987. Elle avait laissé ce message: «La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi.»
 
DEUX VISAGES
 
Derrière les triomphes de la légende (quelque 170 millions de disques vendus, dont 70 d’or), à travers les tubes illustrant les événements révélateurs de son existence tragique, (le fameux «Il venait d’avoir dix-huit ans», «Mourir sur scène», «Je suis malade», «Ciao amore ciao», «Gigi L’amoroso»), Lisa Azuelos dévoile une vedette magnétique, énergique, éclatante, mais aussi sombre et vulnérable sous les paillettes, victime du star system. Alors que toutes les femmes voulaient être comme elle, elle voulait être comme toutes les femmes. Avec un fort désir d’enfant. Mais un avortement l’avait rendue stérile.
 
Vouée aux passions malheureuses, elle apparaît brisée par les morts violentes et successives de ceux qu’elle aime. Celles du chanteur Luigi Tenco, son nouvel amour en 1967, de son ancien mari et pygmalion Lucien Morisse alors directeur d’Europe 1 (Jean-Paul Rouve), de son grand ami Mike Brant ou de son compagnon de neuf ans Richard Chanfray, le prétendu Comte de Saint-Germain (Nicolas Duvauchelle).
 
Encore fallait-il trouver celle qui allait porter cet hommage émouvant. Avec Sveva Alviti, au cursus cinématographique quasi inexistant, Lisa Azuelos a déniché l’oiseau rare. Bouleversante, magnifique, charismatique, son héroïne représente l’atout majeur de l’opus, la principale raison d’aller le voir. Elle s’est tellement investie dans le rôle qu’elle n’incarne pas, mais est tout simplement Dalida.
 
 
 
 
 
 

Une pétition a été lancée en soutien aux homos, bi et trans dans la république des bords de la mer Caspienne, dans un climat d'atteintes aux droits humains de plus en plus préoccupant.

La dernière pointage de l’ILGA désignait l’Azerbaïdjan comme le pire des pays membres du Conseil de l’Europe – derrière la Russie – en matière de protection des minorités sexuelles. Les LGBT d’Azerbaïdjan en appellent à la solidarité internationale. Président en exil de l’association LGBTI Nefes, le militant Javid Nabiyev a lancé une pétition baptisée «Voice of Silence». Adressée au président et au Parlement de Bakou, elle réclame une protection législative pour les minorités sexuelles dans le pays.
 
Nefes relève une propagation des discours de homophobes et transphobes dans les médias officiels. Le président du Conseil de l’audiovisuel national a notamment demandé l’interdiction des programmes «qui présentent le mode de vie homosexuel comme normal». La sécurité et la liberté des LGBTI est aussi menacée. Ces derniers mois, la police a mené des rafles contre les trans travailleuses du sexe. Deux hommes ouvertement gay ont par ailleurs été tués dans des circonstances troubles, au Shamkir et à Bakou, où une personne trans a également été grièvement blessée par des assaillants.
 
«SABOTEUR»
 
Le pays des bords de la mer Caspienne vit une dégradation générale de la situation des droits de l’homme, avec une large offensive du régime contre les militants de la société civile, les avocats et les journalistes, comme l’ont signalé les rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch. L’association de défense des LGBTI Nefes est réduite au silence. Son fondateur, Javid Nabiyev, qualifié de «saboteur» et d’«espion à la solde de l’Occident», a fui le pays en 2015 pour l’Allemagne. «Organiser un événement LGBTI et s’exprimer en public en soutien à Nefes est devenu impossible en Azerbaïdjan», résume le jeune activiste. Néanmoins, l’association marquera une Journée nationale contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie, le dimanche 22 janvier.
 
 
L’avocat et militant LGBT turc, Levent Pişkin, a été arrêté chez lui par la police sur fond de purge politique post-coup d’Etat.
Levent Pişkin est un avocat des Droits de l’Homme et militant LGBT turc . En outre, il est le représentant du Halkların Demokratik Partisi (HDP : Parti démocratique des peuples) pour la province d’Istanbul. Ce parti politique pro-kurde, représenté à la Grande Assemblé nationale de Turquie, est le seul à avoir une politique pro-LGBT et à défendre les droits des minorités en Turquie.
 
 
Arrestations arbitraires
Hier, Levent Pişkin a été arrêté par la police dans son appartement d’Istanbul. L’avocat et membre du HDP est accusé par le journal pro-gouvernemental Daily Sabah de « propagande terroriste » pour avoir remis à un journal allemand un message du co-président du HDP, Selahattin Demirtaş, arrêté la semaine dernière avec plusieurs députés du parti. Ces derniers sont également accusés de « propagande terroriste » du fait de leur soutien au PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, interdit en Turquie. Cependant, il semblerait que le leader du HDP fasse l’objet d’une kabbale politique orchestrée par Recep Tayyip Erdogan – le président turc – qui profite de l’état d’urgence (installé après le coup d’Etat manqué de juillet 2016) pour purger l’opposition.
 
L’arrestation de Levent Pişkin a été annoncée par l’Association des avocats pour la Liberté (OHD), dont est membre le militant LGBT, laquelle fait partie des 370 ONG fermées par les autorités pour leurs liens supposés avec des organisations terroristes « menaçant la sécurité nationale ». Cette dernière dénonce depuis plusieurs mois les arrestations arbitraires qui ont lieu en Turquie.
 
Dans le viseur d’Erdogan
Ce n’est pas la première fois que Levent Pişkin a maille à partir avec le président Erdogan. En mai 2014, il avait été condamné par le procureur d’Istanbul à 2 mois et demi de prison – commués en une amende de 1.500 livres – pour avoir associé Recep Tayyip Erdogan et mot le « homo » dans un même tweet suite aux importantes manifestations qui secouaient la Turquie à l’époque. Il souhaitait ainsi dénoncer la propension du président turque à donner des leçons :
 
On ne va pas apprendre ce que ça veut dire d’être homo de ta part. Bisous #LGBTinConstitution.
 
Le juge avait considéré que ce message représentait une « provocation grave » à l’égard du pouvoir tandis que le jeune militant arguait qu' »être gay n’est ni une honte, ni un pêché », rapportait le Hürriyet Daily News.
 
Plus récemment, Levent Pişkin avait dénoncé la mort de Hande Kader, figure de proue de la dernière Marche des fiertés stambouliote sauvagement assassinée en août dernier. Il avait déclaré à France 24 :
 
"La Turquie est un pays dans lequel il est difficile de vivre pour la communauté LGBTI, car elle ne s’y sent pas en sécurité et ne jouit d’aucune protection légale. Et d’ajouter : La société turque est dramatiquement conservatrice."
 
 
 
 

Océanerosemarie joue son spectacle Chatons violents toutes les semaines au théâtre de la Gaîté-Montparnasse. C’est drôle, cash, et la comédienne pose un regard aiguisé sur nos problèmes politiques actuels.

 

 

Un public hétéroclite s’installe dans la salle de la Gaieté Montparnasse où Océanerosemarie donne son one-woman show depuis bientôt deux ans. C’est que cette « lesbienne invisible » a su conquérir le cœur des hétéros dès son premier spectacle, qu’elle a montré 550 fois : « La Lesbienne invisible était un spectacle absolument communautaire, mais pour autant les gens sont venus de partout et à la fin il y avait autant d’hétéros que d’homos dans la salle car je parlais juste de quelqu’un qui galère pour pécho, résume la comédienne. Ce spectacle était à la fois comique et touchant. Le but était de dire qu’on peut être lesbienne et être en forme ».
 
Les BBB
Le ton a bien changé dans Chatons violents où Océanerosemarie se penche sur le cas des BBB, les « Bons Blancs Bobos », dont elle dit faire partie. Elle renverse les stigmates en parlant de « repli communautaire » pour tous ces blancs friqués qui se gargarisent d’aller vivre en proche banlieue parisienne et de lutter contre le racisme tout en menant un train de vie très bourgeois et en tenant des discours nauséabonds sans s’en rendre compte :
 
En France, c’est une obsession de désigner le communautarisme chez les homos. Alors que le pire communautarisme qui soit, c’est évidemment celui des élites blanches. Regardez les patrons du CAC40 !
 
Océanerosemarie parle vite. Son humour repose en partie sur la performance tant on se demande comment elle va faire pour ne pas buter sur un mot. C’est avec cette rapidité d’exécution et une précision chirurgicale que son personnage joue sa rupture amoureuse au début de la pièce : comme tout bon BBB qui se respecte, elle décide de partir à Marseille pour changer d’air et de vie avec son meilleur ami et oublier sa copine; ils vont vite déchanter car Paris se met à leur manquer. La galerie de portraits qu’Océanerosemarie fait défiler, seule en scène avec une chaise pour tout décor, est hilarante. On appréhende toujours un peu de se reconnaître dans le personnage qui vient.
 
Un spectacle anti-racisme
Les thèmes du spectacle étaient déjà dans l’actualité quand je l’a écrit. Mais je ne pensais pas que je serais autant au cœur de l’actu deux ans plus tard. J’ai commencé à jouer un mois avant les attentats de Charlie Hebdo. Depuis, le discours islamophobe s’est étendu à toute la gauche et donc j’adapte mon texte en fonction des événements…
 
Océanerosemarie démonte le sujet du burkini qui a occupé les politiques et certains médias pendant l’été. Surtout, elle prend soin d’établir une filiation entre toutes les discriminations : comment être lesbienne et raciste ? Elle dit avoir pris conscience très jeune qu’elle était de fait liée à toutes les formes de résistance :
 
"Pour moi, il est impossible de ne pas prôner un féminisme inclusif. Certains gays ne s’intéressent pas à ces questions, voire renforcent les clivages. Il y a chez eux un réflexe de désignation d’un bouc émissaire. Mais de l’autre côté, il y a beaucoup de LGBT qui n’oublient pas les fois où ils ont été discriminés et qui se retrouvent avec d’autres discriminés. Le collectif « 8 mars pour toutes » marche avec des femmes voilées, des putes. De toute façon, le premier réflexe des gens qui subissent une discrimination c’est d’essayer de survivre."
 
En revanche, l’humoriste est assez pessimiste sur l’idée de « communauté LGBT » :
 
"Je sens un délitement. Jusqu’à l’obtention du mariage, il y avait peut-être encore une forme de solidarité. Face à l’adversité, les LGBT seront solidaires, on se retrouvera tous sur certains sujets. Mais on voit très bien que pour la PMA, c’est une minorité de lesbiennes qui vont manifester. J’ai vu le sexisme et le racisme au sein de la « communauté ». Quand j’ai commencé Chatons violents, un certain nombre de lesbiennes se sont mises à me haïr. Il y a aussi une indifférence à la question trans. Quand on regarde concrètement la situation, il n’y a pas de communauté LGBT."
 
Constat pessimiste qui contraste avec la force d’Océanerosemarie, et qui d’une certaine manière la renforce. Quand on lui demande quels pourraient être les modèles d’espoir, et qu’on lui parle d’une éventuelle candidature de Christiane Taubira à la présidentielle, elle tempère : « Si elle incarne le PS, je me pose la question des compromis qu’elle va devoir faire. Je pense que tous les LGBT étaient amoureux d’elle, mais il faut voir que sur d’autres lois elle a été moins brillante ».
 
Océanerosemarie au cinéma
Elle est en train de travailler sur un film qu’elle a coécrit et coréalisé avec Cyprien Vial, et dans lequel elle tient le premier rôle. Embrasse-moi ! sera une comédie romantique et grand public entre deux filles :
 
J’ai respecté les règles de la comédie romantique, c’est une histoire de conquête. Océanerosemarie tombe très amoureuse d’une fille, mais elle a beaucoup d’ex. Le film est plus dans la lignée de La Lesbienne invisible. C’est une vraie histoire d’amour, et aussi un film sur la vision qu’ont les homos des hétéros.
 
La lesbienne très visible, c’est pour 2017.
 
 
 
Chatons violents
 
Les dimanches et lundis à 20h30
 
Tarif unique, placement libre 32€
 
Théâtre de la Gaité Montparnasse
26, rue de la Gaité 75014 Paris
TEL : 01 43 22 16 18